Avec un grand A

Amoure faisait sa première fois à Nantes il y a quelques semaines. Leurs précédents groupes aux accents rock avaient déjà foulé le Hangar pour se produire au Ferrailleur. Cette fois-ci, c’est l’Altercafé qui les a programmé, ils espèrent revenir dans quelques mois et pourquoi pas au Stereolux ? Ou à la Beaujoire avant le Nantes-Strasbourg ? Le trio alsacien a une réelle spontanéité et un sens de l’humour qui nous séduit d’entrée. Après un petit tour sur l’Erdre, ils ont donc joué devant les nantais et présenté leur dernier EP Vague. Leur pop tropicale est d’ailleurs un excellent remède pour faire face à cette nouvelle rentrée.

 

Tout d’abord, que signifie votre nom de scène. Amour avec un « e » ?

Nicolas : Nous n’avons pas vraiment de réponse, on souhaitait s’appeler Amour mais le nom était déjà pris. On n’avait pas envie de lâcher l’affaire donc on a rajouté le « e ». Lorsqu’on s’est rejoint après avoir vogué dans différents groupes, on s’est dit qu’on voulait lancer un truc entre potes basé sur de la gentillesse, du kif.
Thibault : Ce nom représente bien ce qu’on voulait véhiculer. On veut répandre du love. (rires)

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Nicolas : A la base on est tous de Mulhouse et des environs. On se rejoignait à Strasbourg, on se croisait dans nos différents groupes, en concert.
Julien : On avait chacun un groupe avant sur Deaf Rock. C’est devenu le label d’Amoure en toute logique.
Thibault : Amoure, c’est radicalement différent de ce qu’on faisait avant. On a tenté plein de choses au début, on participait à des concours vidéo en filmant n’importe comment. On gagnait des prix sans vraiment le vouloir dont un décerné par Gael Mectoob de « 10 minutes à perdre ». A ce moment-là, on s’est dit qu’il y avait une énergie à utiliser, quelque chose à faire ensemble ! Alors on s’est lancé sans trop savoir où on allait…
Nicolas : Ce n’était pas vraiment sérieux, on avait juste envie de jouer ensemble.

Le style musical a-t-il été déterminé rapidement ?

Nicolas : On a mis assez de temps. Thibault avait pas mal de sons de guitares non utilisés à nos débuts. Il en était frustré. (rires) C’est pourquoi notre premier EP est très axé guitare !
Ces derniers temps, j’essaie d’écrire un peu plus afin que l’on compose autour des textes.
Mais grâce à Thibault, on a mis un peu de côté le punk-rock pour faire quelque chose de plus dansant, de plus chaloupé.
Julien : On a toujours eu des groupes un peu rock, c’est intéressant de tester autre chose. On peut caractériser notre musique comme de la pop tropicale.

Vos influences ont dû évoluer avec le temps ?

Thibault : Et oui, on commence à vieillir ! (rires)
Avec ce projet, on écoute de plus en plus de choses calmes. On s’est un peu mis en danger, c’est plus compliqué de faire de la pop simple que de faire « cracher » des amplis.

Beaucoup de groupes pop français émergent ces derniers temps, cherchez-vous à vous différencier ?

Thibault : Sans être péjoratif, on ne colle pas trop à cette vague « revival ». Il y a toute une tranche pop qui s’inscrit là-dedans.
On est dans quelque chose de positif. Et puis on n’a pas ce côté urbain que beaucoup de groupes ont aujourd’hui.
Après cela ne nous empêche pas de faire des premières parties de BB Brunes ou Thérapie Taxi qu’on connaît depuis quelques temps maintenant. C’est normal d’avoir plusieurs styles et c’est tant mieux !

Amoure

© Emma Birski

Écrire en français était une évidence ?

Nicolas : Oui ! Dans mes précédents groupes, j’écrivais en anglais, c’était quelque chose que je voulais changer. L’aspect «direct» qu’offre la langue française était pertinent dans notre projet.
Julien : On peut se cacher derrière des textes anglais peu aboutis. Même moi qui suis batteur et qui écoute peu les paroles, je m’en rends compte ! (rires) J’écoute de plus en plus de chanson française et c’est très intéressant.

L’été, la mer, les plages, cet univers vous a inspiré pendant 3 ans !

Thibault : La trilogie est terminée, on va passer à autre chose. A la montagne peut-être ! (rires)
Nicolas : On a lancé le groupe en partant en vacances ensemble. Le premier clip d’Amoure est une compil’ des images de nos vacances, on l’a nommé naturellement « Plage ».
En tant qu’alsacien, c’est très important pour nous de descendre dans le sud, de profiter du soleil et de la mer. On va essayer de s’éloigner de ces thèmes mais ça colle vraiment bien à la musique que l’on fait finalement.

Est-ce qu’à un moment vous avez compris que cela marcherait ? Que l’aventure était définitivement lancée.

Julien : Avant même d’avoir vraiment commencé, on s’est retrouvé dans les finalistes Ricard Live Music. On a joué au stade de la Meineau à Strasbourg. Une petite claque positive ! On n’a pas hésité, on a poursuivi notre route en évitant les obstacles.
Thibault : Au début, on le prenait un peu à la légère car on avait peur des réactions de notre entourage qui connaissait notre passé musical. Beaucoup ont été agréablement surpris, certains ont d’abord pensé à une blague.

Parlez-nous de ce second EP Vague. Est-ce la continuité du premier ?

Thibault : En quelque sorte. Après, cette fois-ci nous assumons complètement. La voix, les textes, les sonorités, tout est vraiment pop et c’est ce vers quoi nous voulons tendre dorénavant.

Amoure – Vague sorti le 4 mai chez Deaf Rock

 

Propos recueillis par Alban Chainon-Crossouard