« Les Mots du Monde » c’est en effet ce que le festival Atlantide permet de mettre en avant. C’est sous la direction artistique du charismatique Alain Mabanckou, auteur notamment de Mémoire de porc-épic, que la huitième édition va prendre place cette année. Atlantide sait écouter les tourments et les joies de la vie. Ce qui permet de dresser une belle programmation, à la fois juste et variée. Du 5 au 8 mars, 62 écrivains, qui représentent 26 nationalités différentes, seront réunis autour de grandes rencontres, conversations et lectures qui rythmeront ces 4 jours. A retrouver au Lieu Unique et partout dans la ville.

Des révolutions et des mots

« Nous sommes aussi blancs en Afrique » affirme Alain Mabanckou. Toutes les nationalités sont ici interrogées, représentées, quelle que soit leur terre d’accueil. Parce qu’être étranger c’est possible en son propre pays, la littérature se refuse les frontières imposées par l’histoire et la politique. Ou du moins, elle ne cesse de la remettre en question.

Alain Mabanckou Atlantide
Alain Mabanckou © JF Paga

C’est en effet le temps des questionnements. Comment les écrivain(e)s peuvent-ils ou doivent-ils se positionner aujourd’hui ? De profonds bouleversements touchent tous les domaines et toutes les nations. Les libertés sexuelles remises en cause, la colonisation qui influe encore aujourd’hui sont des sujets qui ne doivent pas être négligés. Ces problématiques se retrouvent en partie chez les invités, et notamment chez Leïla Slimani, connue pour son livre Dans le jardin de l’ogre. Elle aura l’occasion de donner la “Leçon Inaugurale” le vendredi soir au Lieu Unique. Cette leçon inaugurale, c’est le temps fort du festival, unique en son genre.

Leila Slimani Atlantide
Leïla Slimani © C.Hélie

Parce qu’Alain Mabanckou appelle  « les rumeurs du monde » on porte une attention au-delà de notre vécu immédiat. C’est une ouverture absolument totale vers l’ailleurs, permise par la littérature. Notamment par les travaux des écrivains qui sont témoins d’expériences propres à leur culture. Et qui n’hésitent pas à les mettre en perspective. On pense à Benoit Cohen, un des invités, et son expérience de taxi jaune à New-york, source d’inspiration pour son livre Yellow Cab.

Jeunesse honorée

Les enfants et adolescents sont plus que bienvenus. Qui a dit qu’ils ne devaient pas profiter de la richesse de ce festival et d’une culture qui se dessine avec des mots ? Ainsi, la partie jeunesse n’a pas été oubliée, bien au contraire. Gabriel Kinsa, conteur célèbre du Congo, viendra mettre en mots et en scène l’histoire culturelle de son pays. Cette main tendue vers la littérature jeunesse accompagne l’idée qu’une séparation entre les âges semble désormais désuet. Si les plus jeunes sont l’avenir, alors il faut leur donner l’opportunité de saisir les enjeux actuels. Cette envie de changer les choses se traduit aussi par la mobilité du festival. Présent au Lieu Unique et à la Cité des Congrès, il va également habiter plusieurs bibliothèques municipales, librairies et proposer des expositions, comme Les Indépendances, à la Maison de l’Afrique. 

Atlantide 2019
Atlantide, 2019 © Michael Meniane

Nantes est visible depuis le monde entier avec ce festival. Unique en son genre, il vient briser les barrières statiques des salons habituels. Si la lecture relève avant tout de l’intime, elle est ici un moyen de partager et de réfléchir ensemble. 

Sarah Petiteau

Atlantide, les Mots du Monde
Du 5 au 8 Mars 2020
Lieu unique et dans la ville de Nantes
atlantide-festival.org