En pilote automatique jusqu’à Stereo

La Nuit de l’Erdre fête ses 20 ans avec un panel d’artistes invités pour l’occasion. Mai Lan, qui a sorti son second album le 19 janvier, fait partie de ceux-là. La chanteuse française a pris un virage plutôt électronique et elle aura à cœur de partager ce nouveau projet à vos côtés !

 

Comment qualifierais-tu ton évolution depuis tes débuts dans la musique il y a 10 ans ?

J’ai beaucoup exploré, en restant dans des thèmes assez proches. Je me suis inspiré de flows un peu hip hop, de trucs plus funs aussi.

Plus jeune, pensais-tu en faire ton métier ? Le voulais-tu ?

Pas du tout. C’est un concours de circonstances guidée par une envie c’est sûr mais ce n’était ni une volonté ni un but.

Tu n’as pas vraiment de style musical prédéfini mais te sens-tu plus à l’aise dans un domaine particulier ?

Je me sens très bien dans l’électro, je me trouve plus proche de moi-même dans ce projet-là. Il est beaucoup plus évident à défendre sur scène pour moi. Après ça dépend des moments de la vie, peut-être que demain je me tournerai vers la harpe. Je ne sais pas ! A force de tester plusieurs choses, on sait davantage vers quoi se diriger.

Comment as-tu vécu la tournée mondiale de M83 à laquelle tu as participé ?

Ça ne m’a rien apporté du tout. (rires) C’était une expérience personnelle folle. T’es tout d’un coup projetée dans une tournée gigantesque. Ils sont au top de la carrière, ils font les plus grandes scènes de la planète. C’est assez dingue ! Je n’avais pas de stress, j’étais juste là pour prendre du plaisir. J’étais là en “guest”.

Mais comment vous êtes-vous rencontrés ?

A Los Angeles en 2015, j’ai rencontré Anthony Gonzalez du groupe. C’était dans une soirée musicale où on écoutait différents projets et plusieurs de mes morceaux lui plaisaient, on a donc commencé à discuter. On s’est tout de suite bien entendus, on a fait quelques sessions ensemble en studio, tout s’est bien passé ! Humainement et musicalement, c’était génial. Et puis j’ai fini par les accompagner sur scène.

Avant ton EP Vampire sorti en 2017, ton dernier projet datait de 2013. Avais-tu l’intention de revenir plus tôt ?

Je voulais enchaîner plus rapidement mais rien ne se passe comme on veut. J’avais besoin de temps et par rapport à ce que font pas mal d’artistes que j’apprécie, on a tous besoin de vivre et de se chercher. Le premier album sort tout seul mais pour le second l’exercice c’est vraiment différent. Il m’a fallu des mois pour l’écrire et pour trouver les partenaires avec lesquels j’avais envie de travailler. Je suis extrêmement contente de mes collaborations. Et l’épisode M83 m’a pris pas de temps.

Autopilote est sorti le 19 janvier, quel mot caractériserait le mieux cet album ?

Bouillonnant, c’est ce qu’un journaliste m’a dit l’autre jour, j’ai trouvé ça pertinent.

Est-il la continuité de Vampire ?

Totalement, c’est le même style musical !

As-tu senti une profonde différence dans la création de ce dernier opus ?

Oui, énormément. Tu grandis autant dans ce que tu es que dans ce que tu fais. Plus tu travailles et plus tu cherches, plus tu trouves et tu progresses. J’ai développé ma technique d’écriture. Au lycée, je faisais des fringues, j’avais plein d’idées. Au bout d’un moment, je me suis dit qu’il fallait que j’apprenne à coudre pour aller plus loin. Et là c’est un peu pareil, j’avais l’envie de me professionnaliser entre mes deux albums.

Deux morceaux sont en français sur celui-ci, pourquoi avoir fait ce choix ?

J’ai toujours chanté en français. J’écris beaucoup en anglais car je trouve ça plus explosif mais je n’ai jamais mis de côté le français, c’est important pour moi. C’est plus facile de véhiculer des émotions en français, ça s’entend et ça se sent. Ce sont les deux morceaux qui ouvrent et qui ferment l’album, ce n’est pas pour rien.

Concernant les clips, est-ce que des artistes t’ont inspiré pour cet aspect visuel de la musique ?

Les Daft Punk sont plutôt irréprochables dans ce domaine !
Il y a des artistes dont je suis fan qui sortent des clips par obligation. Tu en deviens victime à force.

Avec quel chanteur rêverais-tu de collaborer ?

Je dirais Frank Ocean mais il y en a sûrement d’autres.

Qu’écoutes-tu en ce moment ?

J’aime bien Yaeji, une jeune coréenne.

Un petit mot pour les nantais qui te verront à Stereolux pour les 20 ans de La Nuit de l’Erdre ?

J’ai hâte de les voir, j’ai déjà joué deux fois à Stereolux, j’adore cet endroit. Ce n’est pas pour faire ma fayote mais j’aime vraiment le public nantais ! (rires)

 

Mai Lan à 22h45 à Stereolux le 26 janvier
Les 20 ans du Festival La Nuit de l’Erdre
Réservations