Le Ferrailleur accueille les lyonnais de Yeast

“Entre rythmes entraînants et sonorités mélancoliques, YEAST explore et révèle toutes les nuances d’une pop aérienne et colorée. Les quatre lyonnais proposent un concentré d’émotions et de subtilités musicales, sur fond de compositions authentiques et chimériques.”

 

Chose rare dans la pop (style auquel on vous assimile le plus), votre groupe se compose de quatre mecs. Comment avez-vous su que ce serait la bonne formation pour vous lancer ?

Arthur (guitariste) : Pour le coup ce n’est pas quelque chose de réfléchi, par contre au contraire je trouve que c’est assez classique comme formation. Ceci dit, on a toujours ajouté des arrangements en plus de ce qu’on pouvait faire à quatre. Franchement pour jouer tout ce qu’on a envie de jouer sur scène il faudrait qu’on soit cinq ou six au minimum… mais ça veut dire trouver les bonnes personnes, ça implique une logistique plus compliquée quand on part faire des concerts…donc on a pris le parti de rester à quatre, quitte à sampler en live certaines parties de synthés ou certains arrangements.

Peut-on considérer vos lives comme “rock” avec un léger décalage vis-à-vis de vos projets studio ? Est-ce l’image que vous voulez partager ?

Totalement ! C’est une des facettes du groupe, et c’est quelque chose de très naturel pour nous. En fait, avoir une énergie aussi rock en live, ce n’était pas forcément quelque chose de recherché ou de travaillé, et c’est aussi pour ça qu’on y tient tant aujourd’hui. On tient à être les plus honnêtes et spontanés possible, à être « vrais » en fait, sur scène comme sur disque. D’ailleurs, cette énergie rock qu’on retrouve sur le live, on a voulu la retranscrire le mieux possible sur notre dernier EP Dust of Light, ça a été un défi hyper intéressant, qui a demandé beaucoup de boulot, de remise en perspective, de changements dans nos habitudes, mais on y est finalement arrivés et on est très contents du résultat.

Dust of Light est tout juste sorti. Avez-vous déjà imaginé sortir un album en 2018 ou préfériez-vous vous laisser davantage de temps ?

Pour l’instant, on se concentre sur cet EP, on en est fiers et on a envie de le défendre aussi longtemps que possible, en faisant un maximum de concerts en France et à l’étranger. Nous sommes tous d’accords sur le fait que l’album soit la prochaine étape, on a commencé à y réfléchir dès le moment où nous avions terminé d’enregistrer Dust of Light, mais rien n’est lancé pour l’instant. On se laisse le temps de composer, d’écrire, sans se mettre de pression. C’est en prenant le temps de poser les idées et de les laisser mûrir qu’on arrive à exprimer au mieux ce qu’on veut transmettre comme émotions en tant qu’artiste. Mais en tout cas ce qui est sûr, c’est qu’on va commencer à y travailler dans les prochains mois !

Les textes sont majoritairement en anglais mais on entend dans “Walls” quelques paroles françaises. Êtes-vous de plus en plus attirés par le chant en français et le mariage des langues ?

Effectivement, dans « Walls », ainsi que dans « We Are The Same », qui clôture l’EP, il y a quelques phrases de français. Notre culture musicale, c’est le rock anglais et américain, la brit-pop… donc assez naturellement on s’était orienté vers des textes en anglais. Ça nous parlait plus, et c’était aussi plus facile à assumer pour nous vu que c’était ce qui nous paraissait le plus naturel. Mais on ne s’est jamais interdit de chanter en français, il fallait simplement arriver à un moment où on se dirait « tiens, on va essayer pour voir » en y croyant. C’est ce qu’il s’est passé sur ce disque, on a semé des petites interventions en français histoire d’expérimenter un peu, et ça nous a plu. Donc on les a gardés, et maintenant qu’on a franchi ce cap on n’est pas à l’abri de recommencer ! Après, pour ce qui est de l’avenir, je ne peux pas trop te dire ce qu’on fera, on verra le moment venu.

Lyon a vu émerger de nombreux talents musicaux. Quel artiste lyonnais vous a le plus marqué dans votre jeunesse ?

Malheureusement la grande majorité des artistes lyonnais dont nous aimons ou avons aimé la musique sont souvent restés dans l’ombre… Lyon est une ville à la culture musicale principalement orientée vers la chanson française et l’électro. Pour nous qui évoluons dans un registre pop-rock au sens large, ça n’a jamais été très facile de s’affirmer sur cette scène. D’ailleurs, on a commencé à s’affirmer quand on a pris les devants et qu’on est partis jouer un peu partout en France. On s’est beaucoup plus senti chez nous d’un point de vue musicale dans des régions comme le Grand Ouest, la côte Atlantique…

Vos auditeurs “Spotify” viennent principalement des États-Unis (NY, Boston, Charlotte …). Comment expliquez-vous cela ? Avez-vous déjà tourné aux USA ? 

C’est un peu la « magie » du digital ! On a eu deux de nos titres qui ont été choisi pour faire la BO d’un film australien diffusé entre autres sur Netflix, ce qui joue dans notre visibilité outre Atlantique.

Vous avez déjà fait les premières parties de HER, Talisco, Jain ou encore Broken Back. Chacun de ces artistes est bien différent. Avec lequel avez-vous le plus d’affinités artistiques ?

On n’a jamais fait de « mauvaise » rencontre sur des concerts et des premières parties, on garde un super souvenir de tous les artistes que tu as cité. Les premières fois où tu te retrouves à assurer des premières parties comme ça, c’est super intimidant, mais à chaque fois les artistes et groupes ont été super cools, et ça a toujours été des supers moments. Pour ce qui est des affinités artistiques, je dirais sans trop hésiter Talisco. On évolue dans une esthétique assez proche finalement, et en plus de ça, on a déjà partagé la scène trois fois avec lui, que ce soit dans le cadre de premières parties ou sur des festivals. Donc forcément on se sent plus proche de lui vu qu’on se connaît mieux !

Le 15 novembre prochain, vous jouerez dans la salle nantaise du Ferrailleur. Qu’aimeriez-vous dire à votre public nantais et à ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

Je leur dirais bien que Nantes ce n’est pas en Bretagne mais après il vont boycotter le concert…non je rigole ! Plus sérieusement, on a déjà eu l’occasion de jouer à Nantes, au Nid, et on avait passé un super moment, le public nantais avait été vraiment cool et réceptif à notre musique, on est hyper impatients de revenir ! Et pour ceux qui ne nous connaissent pas, je ne peux que vous inviter à venir nous découvrir sur scène !

Quel est votre morceau du moment ?

« Take a Long Way Home » de Supertramp, classique, intemporel, indémodable !

 

Yeast le jeudi 15 novembre au Ferrailleur (+ Two Faces)
leferrailleur.fr

Propos recueillis par Alban Chainon-Crossouard